La semaine de 4 heures

 

Phrase-résumé du livre : La majorité des personnes restent employées toute leur vie, et travaillent de 9H à 17H pendant 40 ans pour prendre leur retraite à 60 ans (ou plus), ce livre nous explique comment briser ce schéma, en réduisant significativement notre temps de travail, en nous libérant de la contrainte géographique – nous permettant ainsi de vivre partout dans le monde – et en automatisant nos revenus, pour nous permettre de faire des mini-retraites quand cela nous chante et de vivre nos rêves.

De Timothy Ferris, 2006 (première édition), 2009 (édition actuelle augmentée), 380 pages

 

Pour ceux qui ont déjà lu la première édition : qu’y a t-il de nouveau ? Environ 80 pages supplémentaires, incluant essentiellement des dizaines d’études de cas provenant de témoignages de lecteurs (vous pouvez en voir davantage en vidéo – et en anglais – sur le blog de l’auteur http://www.fourhourworkweek.com/blog/ ), une sélection des meilleurs articles parus sur son blog, et une mise à jour des outils et ressources données (ce qui n’est pas du luxe, la majorité de ces ressources étant online, énormément de choses ont évoluées en trois ans). Cela vaut-il le coup d’acheter la deuxième édition si on a lu la première ? Définitivement oui, au vu du coût absolument ridicule de ce livre en comparaison de la valeur qu’il offre.

Chronique et résumé de « La semaine de 4 heures » :

Etape 1 : D pour Définition

Tim Ferris commence en racontant une rencontre qu’il a vécu, à plusieurs milliers de mètres d’altitude, dans la cabine de première classe d’un avion, avec un magnat américain, Mark. Mark possédait stations-services, épiceries, et salles de jeu : il arrivait que lui et ses amis puissent perdre de 500 000 à un million d’euros en un week-end à Las Vegas, lui raconta t-il.

Chacun.

Lors Tim Ferris, la curiosité piquée, lui demanda laquelle de ces activités il a préféré, la réponse de Mark fut rapide : “aucune”. Et Mark lui expliqua comment il avait passé 30 ans de sa vie avec des personnes qu’il n’aimait pas, en faisant des activités qu’il n’appréciait pas, pour acheter des choses dont il n’avait pas besoin.

Mark faisait partie des mort-vivants. Et voici précisément l’objet de ce livre : éviter d’en faire partie.

Qu’est-ce qui fait la différence entre ce que l’auteur appelle les Nouveaux Riches, et les Différeurs, ceux qui gardent tout pour la fin juste pour trouver que la vie a glissé en travers de leurs doigts ? Un certain nombre de choses, qui définissent leur philosophie de vie, et donc leurs objectifs et leurs priorités :

Différeurs : Travailler pour soi.
Nouveaux Riches : Faire en sorte que d’autres travaillent pour soi.

Différeurs : Travailler quand vous le souhaitez.
Nouveaux Riches : Eviter le travail pour le travail, et faire le minimum nécessaire pour un effet maximal.

Différeurs : Prendre sa retraite tôt.
Nouveaux Riches : Distribuer des mini-périodes de retraites tout au long de sa vie. Faire ce qui nous passionne.

Différeurs : Acheter toutes les choses que vous voulez.
Nouveaux Riches : Faire toutes les choses que nous voulons, et être toutes les choses que nous voulons.

Différeurs : Etre le patron plutôt que l’employé.
Nouveaux Riches : N’être ni le patron ni l’employé, mais le propriétaire.

Différeurs : Avoir plus.
Nouveaux Riches : Avoir plus de qualité et moins de choses inutiles.

Être financièrement riche et avoir la capacité de vivre comme un millionnaire sont deux choses bien distinctes : la valeur de l’argent est multiplié par quatre choses que vous devez contrôler

– 1) ce que vous faites,
– 2) quand vous le faites,
– 3) où vous le faites
– 4) avec qui vous le faites.

C’est le multiplicateur de liberté.

Ainsi un banquier qui travaille 80 heures par semaine et gagne 500 000 € par an est moins libre et moins puissant qu’un Nouveau Riche qui travaille 20 heures par semaine et qui gagne 40 000 € par an, mais qui a une liberté totale sur le quoi, le quand, le où et le qui, quand nous regardons le style de vie que leur permet leur argent et leur temps.

Car la liberté – la capacité de choisir – est le véritable pouvoir.

Chapitre 2 : Les règles qui changent les règles – tout ce qui est populaire est faux.

Trop souvent nous ne remettons pas en cause ce qui existe déjà, parce que si des millions de personnes le font, c’est que c’est la meilleure manière de le faire. Mais ce n’est pas la meilleure manière; c’est juste la manière moyenne, habituelle.

Earl Nightingale, Lead the field
L’auteur nous raconte comment il a gagné une médaille d’or de boxe chinoise, 4 semaines après avoir commencé ce sport, en analysant les règles du championnat et en trouvant des failles lui permettant de remporter cette médaille facilement, ce que 99% de ceux qui avaient 5 à 10 ans d’expérience n’avaient jamais réussi à faire.

Tim Ferris utilise cette histoire comme point de départ pour nous expliquer qu’il est nécessaire de challenger le statut quo, la moyenne, ce que tout le monde fait. Evidemment, il faut le challenger intelligemment : ce n’est pas parce que tout le monde marche sur ses pieds qu’il faut commencer à marcher sur les mains. Marcher sur les pieds fonctionne plutôt pas mal. Il ne faut pas réparer ce qui n’est pas cassé. L’auteur nous cite ce qu’il considère comme les 10 règles de base des Nouveaux Riches, qui remettent en cause le consensus :

1- La retraite est une assurance-contre-le-pire : elle devrait être vue comme un capital à utiliser dans l’absolu pire des cas, c’est à dire l’incapacité physique totale de travailler. La vision de la retraite comme rédemption finale est faussée dès le départ car 1) elle demande que vous sacrifiez les meilleures années de votre vie à des tâches qui ne vous plaisent pas, 2) dans la majorité des cas les personnes qui prennent leur retraite doivent adopter un train de vie de classe moyenne médiocre, et 3) si vous vous assurez au contraire un bon train de vie pour votre retraite, il y a de fortes chances que vous soyez une machine à travailler ambitieuse, et alors une semaine après votre retraite vous vous ennuierez tellement que vous sauterez sur la première occasion pour replonger dans un travail.

2 – L’intérêt et l’énergie sont cycliques : il est nécessaire d’alterner les périodes d’activité et de repos, car les capacités, l’intérêt et l’endurance mentale croissent et décroissent. Les Nouveaux Riches ont ainsi pour objectif de répartir des mini-retraites tout au long de leur vie.

Note : à titre d’exemple vous pouvez regarder cette vidéo du designer Stefan Sagmeister qui nous explique comment il a systématisé les mini-retraites dans sa vie et comment elles l’aident à développer sa créativité : Stefan Sagmeister

3 – Moins n’est pas paresse : faire moins de travail sans signification pour vous permettre de vous concentrer sur les choses qui vous importent vraiment n’est PAS la paresse. La paresse, c’est le fait de supporter une vie qui n’est pas faite pour nous, en laissant les circonstances et les autres décider pour nous. Et être occupé et productif n’ont rien de commun : comme le dit Stuart R. Levine dans Cut to the Chase, si vous et votre équipe passez la journée à pousser contre la Tour Eiffel en espérant la déplacer, vous aurez été très occupé mais pas très productif. Ne confondez pas les deux.

4 – Ce n’est jamais le bon moment : pour la plupart des choses importantes, le timing n’est jamais bon, car si l’univers n’a pas de dent particulière contre vous, il ne va pas non plus aligner les étoiles juste pour vous donner le feu vert. “Un jour” est une maladie qui emportera tous vos rêves dans votre tombe.

5 – Demandez pardon et pas la permission : si cela ne va pas tout dévaster autour de vous, lancez-vous et ensuite justifiez-le. Souvent, les personnes rejettent sur des bases émotionnelles des choses qu’elles accepteraient une fois mises devant le fait accomplis. Apprenez à devenir un fauteur de troubles, et à vous excuser si vous vous plantez.

6 – Concentrez-vous sur vos forces plutôt que de réparer vos faiblesses : comme le disent les auteurs de Strenghts Finder, la plupart des personnes sont bonnes à une poignée de choses, et très mauvaises dans toutes les autres. Il est beaucoup plus lucratif et amusant de tirer parti de vos forces plutôt que de tenter de réparer tous les défauts de votre cuirasse.

7 – Les choses en excès deviennent leur opposé : il est possible d’avoir trop d’une chose bonne. Ainsi ce que nous voulons devient ce que nous ne voulons pas si nous l’avons en excès : le lifestyle, l’art de vivre n’a donc pas pour but de se créer un trop plein de temps oisif, mais d’augmenter et d’utiliser positivement son temps libre.

8 – L’argent seul n’est pas la solution : “si seulement j’avais plus d’argent” est une des excuses les plus couramment employée pour procrastiner et s’empêcher de vivre ses rêves. Se mettre la tête dans le guidon de l’argent est un moyen commode de faire comme si c’était une solution à tout et de créer talentueusement une distraction constante qui nous empêche de voir à quel point tout cela est vain. Le problème est bien plus profond que l’argent.

9 – Le revenu relatif est plus important que le revenu absolu : le revenu absolu est défini avec une seule variable, le gain annuel et mensuel. François gagne 100 000 € par an et Marie gagne 50 000 € par an, donc François est deux fois plus riche que Marie. Le revenu relatif amène une nouvelle variable : le temps, et regarde le salaire horaire. François gagne 100 000 € par an, mais travaille 80 heures par semaine durant 50 semaines et a donc un salaire horaire de 25 €, tandis que Marie gagne 50 000 € par an mais ne travaille que 10 heures par semaine pendant 50 semaines, et gagne donc 100 € de l’heure : Marie est donc 4 fois plus riche que François. Evidemment, il faut que le revenu relatif soit suffisant pour atteindre nos objectifs : cela est difficile si nous travaillons une heure par semaine même à un taux de 100 €.

10 – Le stress et l’Eustress (stress positif) : le stress n’est pas toujours une mauvaise chose ; il faut distinguer le stress négatif qui nous affaiblit, diminue notre confiance en nous et nos capacités, et l’eustress – qui vient du préfixe grec “Eu” qui veut dire “sain” (comme dans “euphorie”) – qui exerce une pression positive sur nous, comme des modèles qui nous poussent à nous dépasser, des critiques constructives, l’excitation de la prise de risque qui nous fait dépasser nos zones de confort. Il n’y a pas de progrès sans eustress.

Chapitre 3 : Passer entre les balles – Gérer la peur et échapper à la paralysie

Faire ou ne pas faire ? La plupart des personnes préfèreront l’insatisfaction plutôt que l’incertitude. Tim Ferris nous raconte que pendant des années, il s’est fixé des objectifs et a pris des résolutions pour changer de direction, sans aucun effet : il était aussi peu sûr de lui-même et aussi effrayé que tout le monde.

Ainsi, en 2002 il se retrouvait à la tête d’une entreprise qu’il avait créé et qui lui rapportait bien plus d’argent qu’il ne pouvait en dépenser – environ 70 000 $ par mois – mais qui lui prenait absolument tout son temps, et avec des défauts dans sa conception la rendait invendable (il l’a vendu tout de même en 2009, comme il l’indique dans la nouvelle édition). Il se sentait à la fois stupide et pris au piège, et se demandait pourquoi il n’était pas assez intelligent pour trouver une solution pour s’échapper de ses 15 heures de travail quotidien, de la prison qu’il avait lui-même construite.

Il eu alors l’illumination : un voyage. C’est ce qu’il lui fallait. Mais pendant 6 mois, il s’est ingénié à trouver des milliers d’excuses et de raisons pour lesquelles ce projet ne pourrait jamais fonctionner, une période qu’il qualifie ironiquement de “sa plus productive”. Et un jour, une idée lui est venue : pourquoi ne pas essayer de définir précisément le cauchemar qu’il redoutait – la pire chose qui pourrait se produire à cause de son voyage ?

Il envisagea donc tous les scénarios catastrophes que son voyage engendrerait, et qui aboutiraient à coup sûr à couler son entreprise : une lettre AR super importante serait forcément ratée, il se ferait voler sa moto, sa voiture, son compte en banque se dégonflerai comme un ballon de baudruche, etc. Il se retrouvait nu et isolé au milieu d’une froide terre étrangère.

Et là quelque chose se produisit : alors qu’il imaginait toutes ces catastrophes qui lui tomberaient sur la tête, il se mit à imaginer également des solutions toutes simples à tous ces problèmes, et à les relativiser. Aucun ne serait fatal, et de loin, et sur une échelle de 1 à 10, 10 étant “chamboulement total et complet de ma vie pour toujours”, son scénario du pire “ma vie est foutue” avait une note d’à peine 3 ou 4. Et qu’il n’avait probablement qu’une chance sur dix millions de se produire.

Il prit alors sa décision, et acheta un aller simple pour l’Europe. Ce fut le point de départ, non pas de la catastrophe ultime qu’il avait envisagé, mais du conte de fées qu’est devenu sa vie. Ses activités se sont portées comme un charme alors qu’il les a presque oubliées pendant qu’elles finançaient 15 mois de voyage autour du monde. En fait, il avait pris un risque de 3 ou 4 pour faire un gain de 9 ou 10 sur l’échelle positive du chamboulement total.

Définissez donc votre peur, et donnez lui une note de 1 à 10 sur l’échelle du “chamboulement total et complet de ma vie pour toujours”, puis imaginez des solutions pour éviter que ce pire arrive, et mettez en balance les bénéfices attendus. Puis : vous attendez quoi pour agir ?

Chapitre 4 : Réinitialisation du système – Être irréaliste et précis

Les hauts sommets sont plutôt déserts : 99% des personnes sont convaincues qu’elles sont incapables de réaliser de grandes choses, et se donnent donc des objectifs médiocres. Il y a ainsi, paradoxalement, beaucoup moins de compétition pour les objectifs irréalistes que pour les objectifs réalistes (Note : c’est ce que professe David J. Schwartz dans La magie de voir grand).

De plus, Tim Ferris confesse ne pas savoir ce qu’il veut : si on lui pose la question “Qu’est-ce que tu veux ?”, il est incapable de répondre. Pourquoi ? Parce que la question n’est pas assez précise. Si on lui demande ce qu’il a envie de faire dans les cinq prochains mois pour apprendre de nouvelles langues, il peut déjà répondre de manière beaucoup plus précise. Mais la question est plus profonde que cela : au fond, cette question générale demande ce que l’on recherche fondamentalement. A cela la plupart des personnes répondront : le bonheur.

Mais selon Tim Ferris, le bonheur est une notion devenue trop ambigüe à force d’être utilisée. On peut acheter le bonheur avec une bouteille de vin. Et quel est l’opposé du bonheur ? La tristesse ? Non : ce sont les deux faces d’une même pièce, comme l’amour et la haine. L’opposé du bonheur est l’ennui. Que veulent dire les personnes qui disent “l’important est de vivre tes passions” ? Elles veulent dire : “L’important est de faire ce qui t’enthousiasme”. Donc, selon l’auteur, la question que nous devons nous poser n’est pas “Qu’est-ce que je veux ?” ou “Quels sont mes objectifs ?” mais “Qu’est-ce qui m’enthousiasme ?”.

Mais cela ne suffit pas : il faut répondre précisément à cette question, et faire en sorte que ses objectifs ne soient plus des souhaits ambigus mais des étapes précises. Pour cela, l’auteur propose une méthodologie en 6 étapes qui consiste à définir son “chrono-rêve”, à savoir 5 choses que vous voulez posséder, 5 choses que vous voulez faire, 5 choses que vous voulez être d’ici 6 à 12 mois, calculer le coût de chacune de ces choses, puis choisir 4 rêves et définir 3 étapes pour les réaliser. Il fournit un tableau dans le livre, mais vous pouvez aussi télécharger ce fichier Excel pour vous aider.
Etape 2 : E pour Elimination

Chapitre 5 : La fin de la gestion du temps

Oubliez la notion de gestion du temps. Le but n’est pas de remplir chaque seconde de chaque journée avec une boulimie de travail, d’en faire davantage chaque jour. Car être occupé n’est souvent qu’une façon extrêmement courante d’éviter de faire les choses importantes mais désagréables que nous devrions faire. Etre occupé est donc une des manières les plus courantes et les plus subtiles de procrastiner.

Et il y a des milliers et des milliers de manière d’être occupé, et débordé : faire de la prospection téléphonique à une centaine de prospects non qualifiés, tripoter son iPhone ou son Blackberry, réorganiser sa messagerie, traverser l’entreprise pour un document qui ne vous servira à rien, etc.

Car il y a une différence fondamentale entre être efficace et performant : l’efficacité vous rapproche de vos objectifs, alors que la performance consiste juste à accomplir une tâche avec le moins de ressources possibles. Et la performance sans s’occuper de l’efficacité est le mode de fonctionnement de base de l’univers. Ainsi, un as du port-à-porte est performant mais inefficace : il gagnerait bien plus en faisant du mailing par courrier ou email.

Donc, il faut retenir que bien faire une chose sans importance… ne la rend pas importante, et qu’une tâche sans importance qui demande beaucoup de temps… reste une tâche sans importance.

L’auteur introduit ensuite la loi de Pareto ou loi 20/80, découverte par l’économiste et sociologue italien Vilfredo Pareto et qui stipule que 20% des pays du monde se partagent 80% des richesses, et qu’à l’intérieur de ses pays 20% des personnes se partagent 80% des richesses.

Cette loi peut être généralisée à l’extrême, avec la formulation suivante : 80% des résultats sont produits par 20% des causes. Evidemment, ce ratio précis 20/80 est rarement atteint, mais souvent on retrouve des résultats qui tournent autour de cette répartition, et il est possible d’avoir des résultats encore plus déséquilibrés, comme 90/10 ou même 95/5 !

Quand j’ai découvert La semaine de 4 heures en mars 2008, j’ai fait une analyse de la répartition du CA entre mes clients, et découvert que 17% de mes clients faisaient 81% du CA de l’entreprise ! Même si je savais confusément que certains clients étaient plus rentables que d’autres, cette répartition m’a totalement surpris et a constitué le point de départs de très nombreux changements dans mon entreprise et dans ma vie.

Richard Koch a écrit un livre entier sur le sujet, Bien vivre le principe 20/80, un livre facile à lire et pratico-pratique, que je vous recommande par rapport à son premier livre Le principe 20/80, plus théorique et compliqué.

Quand Tim Ferris a découvert ce principe, il s’est posé deux questions :

Quelles sont les 20% de sources qui causent 80% de ses problèmes ?
Quelles sont les 20% de sources qui causent 80 de son bonheur et des résultats qu’il souhaite ?

Il a passé une journée complète à tout analyser avec ces questions, de ses clients à sa stratégie de communication, en passant par ses loisirs et ses amis. Puis au cours des 24 heures qui ont suivies il a pris différentes décisions difficiles émotionnellement, mais qui ont changées sa vie du jour au lendemain : il a notamment arrêté de contacter 95% de ses clients (et en a même viré 2%), pour se concentrer sur les 3% les plus productifs, minorité productive dont il a analysé les caractéristiques pour trouver d’autres clients identiques.

Résultat ? En un mois, il est passé de 120 clients qu’il devait gérer – dont une bonne partie de casses-pieds – à 8 clients qui commandaient tout seuls sans jamais l’ennuyer, et son revenu mensuel est passé de 30 000 $ à 60 000 $ alors qu’en même temps son temps de travail hebdomadaire passait de 80 à 15 heures. Et il se sentait en paix avec lui-même, plus optimiste et libre que jamais. Magique non ?

Tim Ferris partage ensuite avec nous la loi de Parkinson, inventée par l’historien et essayiste Britannique Cyril Northcote Parkinson qui stipule que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement ». En d’autres termes, si vous vous assignez deux heures pour terminer une tâche qui n’en demande qu’une, vous allez quand même passer deux heures pour accomplir cette tâche.

L’auteur nous indique ainsi qu’il est possible d’utiliser ces deux lois en synergie pour 1) identifier le petit nombre de tâches essentielles qui apportent la plus grande contribution et 2) leur assigner une date butoir très proche dans le temps et précise.

Chapitre 6 : La diète d’information – Cultiver l’ignorance sélective

Tim Ferris commence ce chapitre par une confession : il ne regarde jamais le journal télévisé, et en cinq ans il n’a acheté qu’une fois un quotidien (dans un aéroport, pour avoir un Pepsi gratuit). Il pratique ce qu’il nomme une diète de l’information, en sélectionnant avec soin ses sources d’informations et ses lectures, et en laissant les autres personnes lui parler du reste.

Cela lui permet de se libérer l’esprit d’informations qui autrement ne ferait qu’y transiter sans déclencher aucune action et qui seraient oubliées au bout de quelques semaines, voire quelques jours.

Note : Je détaille comment j’ai appliqué la diète médiatique de Tim Ferris et ce qu’elle m’a apporté dans l’article Comment la diète médiatique peut améliorer votre vie. Une telle diète est également excellente pour éviter de se laisser influencer par le pessimisme et la morosité ambiante des médias, comme je l’explique à la fin de mon article La Crise : Pourquoi Elle ne me Touche PAS – Et Pourquoi Elle VOUS Affecte.

Chapitre 7 : Interrompre les interruptions, ou l’Art du Refus

Une interruption est tout élément vous empêchant d’achever une tâche en une seule fois. Il y en a trois catégories principales :

Ce qui vous fait perdre du temps : toutes les choses qui peuvent être laissées de coté avec peu ou pas de conséquences, comme les réunions, les coups de téléphone, les emails qui ne sont pas importants.

Ce qui consomme du temps : toutes les tâches répétitives ou les requêtes que vous devez bien traiter mais qui interrompent un travail plus important. On y trouve notamment l’obligation de devoir répondre à des clients alors que vous êtes concentré sur une autre tâche, le fait de lire et répondre à vos emails, le surf sur Internet, etc.

Les échecs de délégation : quand un de vos employés a besoin d’une validation de votre part pour de petites choses qu’il pourrait très bien gérer tout seul, comme régler les problèmes des clients, des petites dépenses de trésorerie, etc.

Or toute tâche demande un temps de préparation, de “préchauffement”, par lequel nous devons passer avant d’être pleinement concentré et productif. Et toute interruption peut interrompre cette concentration et nous obliger à refaire en entier le temps de préparation : par exemple si vous avez besoin d’un quart d’heures avant d’être vraiment concentré et productif sur une tâche, toute interruption de 2 ou 3 minutes vous en fera en réalité perdre bien plus, puisque vous devrez vous re-concentrer sur la tâche interrompue.

Pour chacune de ces catégories d’interruptions, il y a des moyens de les prévenir. Examinons-les :

Ce qui vous fait perdre du temps. Solution : devenez ignare.

Les interruptions de cette catégorie sont les plus faciles à prévenir et à éliminer. Vous devez vous rendre moins disponible, et faire en sorte que toutes les communications ne servent qu’à une action immédiate. En particulier, l’auteur recommande de:

Couper l’alerte sonore ou visuelle de votre logiciel de messagerie, afin de ne plus être prévenu automatiquement quand vous recevez un nouvel email.

Désactiver la fonction de réception automatique de votre logiciel email (Note : vous pouvez lire l’article Stoppez votre dépendance aux emails pour savoir comment le faire).

Ne vérifier votre boîte email que deux fois par jour. L’auteur recommande à 12 et à 16H. Puis passez à une fois par jour le plus rapidement possible.

Filtrer les appels téléphoniques, en utilisant dans l’idéal deux numéros de téléphone, un de bureau – non urgent – et un portable – urgent. Laissez systématiquement le téléphone de bureau en silencieux et en mode répondeur. Pour les appels sur votre portable, c’est sans doute urgent, décrochez, mais faites en sorte de minimiser au maximum l’interruption en allant droit à l’essentiel – ne laissez pas votre interlocuteur parler de la pluie et du beau temps.

Réduisez au maximum les réunions, qui sont un des aspirateurs de temps les plus répandus dans les entreprises. Tim Ferris propose un programme en 6 étapes pour éviter de participer aux réunions sans que cela vos collègues vous en veuillent dans une entreprise qui en pratique beaucoup.

Ce qui consomme du temps : groupez et ne faiblissez pas.

Problème : En admettant qu’imprimer un logo en quadrichromie personnalisé sur 20 tee-shirts coûte 300 € et prenne une semaine, combien de temps faudra t-il et quel sera le prix pour 3 tee-shirts ?

Réponse : 300 € et une semaine.

Pourquoi ? Parce que le temps de mise en place du dispositif d’impression (préparation du travail, préparation des plaques et main d’oeuvre pour faire fonctionner la machine) est le même quel que soit la quantité de tee-shirts à imprimer, ce qui fait qu’en deçà d’une certaine quantité les coûts et le délai ne baissent pas.

Donc ce qu’il faut faire est attendre d’avoir un volume de tee-shirts à imprimer suffisamment importants pour passer la commande : c’est le groupage.

C’est la même chose avec toutes ces choses qui ne nous font pas avancer vers notre objectif, mais que nous devons bien faire quand même. Si vous consultez vos emails 20 fois par jour, cela peut vous prendre 1H30 pour traiter et répondre aux messages, alors que si vous ne le faites qu’une fois par jour, cela ne prendre que 1H pour la même quantité de travail réalisé.

Assistanat : règles et réajustements

Beaucoup d’entrepreneurs tombent dans ce piège, ont beaucoup de mal à déléguer (ce n’est pas pour rien que près de 55% des entreprises Française n’ont qu’un seul salarié : leur créateur, selon ces statistiques de l’INSEE), et quand ils le font ils font mal, en s’incluant souvent dans des processus dans lesquels ils sont pourtant le goulet d’étranglement.

L’objectif de la délégation est de faire en sorte que les employés puissent faire un maximum de tâches sans l’intervention de l’employeur, celui-ci ayant un rôle de supervision et de contrôle : plutôt que d’être un homme orchestre qui fait tout mal, il assume pleinement son rôle de chef d’orchestre qui supervise l’ensemble afin que toutes les parties jouent harmonieusement.

Tim Ferris indique qu’en externalisant son service de suivi des commandes clients en 2002, il avait gardé les réponses aux questions sur le produit, et qu’à cause de cela il devait traiter 200 emails par jour, avec un volume qui augmentait de 10% par semaine. Dans ce cas, la moindre augmentation de son business aurait signifié son arrêt de mort : ce n’était pas scalable, comme disent nos amis Anglo-Saxons, c’est à dire que le fonctionnement de son entreprise n’était pas indépendante du volume de données à traiter – ce n’était pas évolutif, pas industrialisable. Et pourquoi cela n’était pas évolutif ? Parce qu’il y avait un goulet d’étranglement dans le système : lui. D’autant plus que nombre des mails qu’il recevait était de la part des personnes à qui il avait délégué la gestion des commandes !

Il a alors pris une décision radicale : il envoya un email à l’entreprise qui s’occupait des emails disant qu’à présent, le leitmotiv était : “rendre le client heureux”, et qu’ils devaient résoudre par eux-même tout problème qui coûtait moins de 100$. Résultat ? Les mails sont passés de 200 par jour à moins de 20 par semaine. Il analysa les résultats toutes les semaines, puis tous les mois, puis tous les trimestres.

(Note : le livre The E-myth Revisited : Why Most Small Businesses Don’t Work and What To Do About It décrit de façon absolument brillante ce piège dans lequel s’enferme de trop nombreux entrepreneurs, qui se créent un job plutôt que de créer un business, et qui finissent par travailler 70 heures par semaine pour un salaire de misère).

Etape 3 – A pour Automatisation

Chapitre 8 – Externaliser votre vie

L’auteur commence en nous racontant un lundi matin comme les autres. Il se trouvait en Argentine, et après son petit-déjeuner il vérifia ses emails pendant 1 heure. Une de ses assistantes en Inde avait retrouvé un de ses anciens camarades de classe, et une autre assistante lui avait envoyé un fichier Excel synthétisant des recherches qu’elle a menée pour lui. Ses entretiens de la semaine étaient déjà organisés par une troisième assistante indienne, qui avait déjà déniché auparavant les meilleures écoles de kendo au Japon et les meilleurs professeurs de salsa à Cuba.

Un autre email lui appris que son assistante Américaine avait résolu une vingtaine de problèmes clients la semaine dernière, et avait coordonné avec le comptable le paiement des taxes sur les ventes en Californie. Un rapide coup d’oeil sur son compte bancaire permit de voir à Tim Ferris que son compte encaissait plus d’argent que le mois dernier.

Une bonne journée commençait. Son petit-déjeuner lui avait coûté 4$ tout compris, ses assistants en Inde lui coûtaient entre 4 et 10$ de l’heure, et ses assistants aux Etats-Unis étaient payés soit au résultat soit lorsqu’un produit était expédié. Cela créait quelque chose de merveilleux : impossible d’avoir une trésorerie négative.

Voici le bonheur que permet l’externalisation intelligemment menée. L’auteur indique que trouver son assistante personnelle à distance est un gigantesque premier pas en avant, car il entraîne à devenir celui qui commande plutôt que celui qui est commandé, le patron plutôt que l’employé.

Faire en sorte que quelqu’un d’autre fasse des tâches que vous faites actuellement est un test décisif pour tout entrepreneur qui veut créer autre chose que son simple emploi. Pour beaucoup, la question du coût aura son importance. Mais si vous gagnez entre 20 et 25 € de l’heure, et que vous faites une chose que quelqu’un payé 10 ou 15 € de l’heure pourrait faire à votre place, vous utilisez bien mal vos ressources. Et même si vous embauchez une assistante haut de gamme pour 30 € de l’heure qui vous économise 8 heures de travail par semaine, elle ne vous coûte que 40 € par semaine (en soustrayant les 8 heures à 25 € pour lesquelles vous êtes payé). Seriez-vous prêt à payer 40 € pour ne travailler que du lundi au jeudi ? L’auteur le ferait sans hésitations.

Tim Ferris indique que l’externalisation est même possible pour les employés. Et que si vous pensez que votre patron ne serait pas d’accord, tant que vous choisissez des tâches non sensibles il n’y a selon lui aucune raison de le prévenir.

Il y a deux catégories de tâches que vous pouvez déléguer :

Les tâches personnelles
Les tâches professionnelles

Mais avant de déléguer il y a une règle d’or : éliminer et automatiser. Cela veut dire qu’il ne faut jamais déléguer une tâche qui pourrait être éliminée (parce qu’elle est inutile de toute façon) ou automatisée. Tim Ferris n’utilise par exemple pas ses assistantes pour planifier des réunions et des conférences téléphoniques, parce qu’il a complètement éliminé ces deux choses de sa vie.

Après cette règle d’or il y en a deux autres :

Les tâches déléguées doivent prendre beaucoup de temps et être précisément définies.

Amusez-vous. C’est marrant d’être à la barre pour une fois. Demandez à votre assistant d’envoyer des emails à vos amis disant qu’il est votre concierge personnel et que vous souhaitez organiser une soirée. Inondez votre patron d’étranges coups de téléphones aux accents venus d’ailleurs. Cela vous permettra de vous décomplexer dans votre nouveau rôle de patron.

Tim Ferris recommande également fortement que vous fassiez appel à une société ayant une équipe large plutôt que de vous reposer sur un seul assistant. Si vous avez prévu des vacances de 15 jours en Polynésie Française et que 2 heures avant d’embarquer dans l’avion, vous recevez un email de votre assistant disant qu’il est cloué au lit pendant une semaine pour une mauvaise grippe, vous allez l’avoir mal. Dépendre d’une seule personne est donc toujours dangereux.

Note : il est beaucoup plus facile pour les Américains et tous les Anglophones d’avoir des assistants virtuels et d’externaliser toutes sortes de tâches, même pour les particuliers, parce qu’ils ont accès à une main d’oeuvre abondante, qualifiée et pas chère en Inde et aux Philippines. Pour nous autres Français c’est une autre paire de manches, même si en théorie nous devrions pouvoir accéder à une main d’oeuvre qualifiée et pas chère au Maghreb, et dans d’autres pays d’Afrique. J’ai fait de nombreuses recherches au cours de l’année écoulée, et s’il est assez facile de trouver des personnes parlant Français sur Elance pour faire des tâches de traduction, d’écriture ou de transcription de fichiers audio, c’est autre chose de trouver un assistant virtuel parlant Français. Actuellement, j’emploie 3 personnes offshore, une Philippine et deux Ghanéens, qui travaillent essentiellement à faire du marketing Internet pour mes muses (respectivement sur le web Anglophone, et Francophone), mais je n’ai jamais réussi à trouver d’assistant virtuel français qui soit polyvalent et compétent.

Chapitre 9 : Vos revenus en pilote automatique – trouver la muse

Tim Ferris nous donne l’exemple de son ami Douglas Price, un ancien fondateur d’une start-up qui après l’euphorie du lancement et du développement de son entreprise, n’était plus passionné par elle malgré son succès retentissant. Il a alors voulu se libérer de l’obligation de travailler en fondant Prosoundeffects.com, un site e-commerce qui vend des librairies sonores sur CD – utilisées par les professionnels pour la musique, le cinéma, les jeux vidéos. Ces produits ont été créés par Douglas, mais ce n’est pas lui qui les produit et les distribue, sinon il devrait s’occuper de toute la partie logistique et assurer sa trésorerie, ce qui est ennuyeux et prend du temps.

Son business model est plus élégant que cela :

Ses prospects voient ses publicités Google Adwords ou sur d’autres moteurs de recherche, et cliquent dessus s’ils sont intéressés.

Une partie de ses prospects commandent des produits allant de 29$ à 7500$, le panier d’achat moyen étant de 325$.

Trois fois par semaine, Doug clique sur un bouton qui débite les cartes bleus de ses clients et met de l’argent sur son compte, puis il envoie les commandes aux fabricants de CD, qui s’occupent d’envoyer les produits aux clients de Doug – cela s’appelle du drop-shipping – pour un prix équivalent à 45% du tarif final, que Doug paye 90 jours après la commande.

Les entrepreneurs avisés auront immédiatement reconnus l’élégance de ce système : comme Doug est payé immédiatement par ses clients, mais qu’il paye ses fournisseurs à 90 jours, impossible d’avoir une trésorerie négative. Et tout est automatisé : la publicité amène toute seule les prospects sur son site, les prospects qui décident d’acheter parcourent eux-même le catalogue du site, ajoutent au panier les produits qui les intéresse, et rentrent eux-même leurs coordonnées bancaires. Douglas intervient juste pour encaisser les commandes et transmettre celles-ci à ses fournisseurs, qui s’occupent ensuite de tout le travail de production et de livraison.

Pour chaque commande de 325$, Douglas gagne 167,38$ de revenus, une fois soustrait les frais de production et de transaction bancaire. Au moment de la rédaction du livre, Douglas travaille deux heures par semaine, gagne souvent plus de 10 000$ par mois, sans aucun risque financier et alors que mettre en place le site lui a couté environ 1200$. Ce site et les produits qu’il vend n’est absolument pas sa passion, mais le peu de temps qu’il y passe et les revenus qu’il en tire lui permette de faire absolument tout ce qu’il veut. Bienvenue dans le monde des muses.

Une muse est différente d’un business traditionnel : il ne s’agit pas de diriger une entreprise, mais de posséder une entreprise.

Pour posséder une muse, il vous faut un produit. Si vous travaillez actuellement dans les services, pas de panique, votre expertise peut être transformée en produit d’information et de formation que vous pourrez vendre (c’est ce que j’ai fait avec mon club Agir & Réussir). Le produit doit coûter moins de 500 € à tester, et doit pouvoir être automatisé en moins de 4 semaines. Et bien sûr, une fois lancé, il ne doit pas nécessiter plus d’un jour de gestion par semaine.

L’objectif d’une muse n’est pas de changer le monde. L’objectif d’une muse est de vous créer une source automatisée de revenus qui libère votre temps pour faire ce que vous voulez, y compris changer le monde (comme l’ont fait par exemple Voltaire et Beaumarchais, qui s’étant enrichis ont pu se consacrer à la philosophie des Lumières et aux idées de la Révolution, ou plus simplement Tim Ferris qui a pu écrire son livre qui a certainement changé la vie de nombreuses personnes – dont la mienne.

La première étape est de trouver un marché et vos clients, et ensuite de créer un produit pour eux – il ne faut surtout jamais faire l’inverse. Utilisez vos domaines d’expertise et vos passions pour déterminer quels sont les besoins dans le domaine que vous maîtrisez et quel produit vous pouvez créer pour répondre à ce besoin. Par exemple, Tim Ferris était athlète et étudiant, et il a donc créé Brainquicken, un complément alimentaire pour les sportifs et les étudiants.

Posez-vous donc les questions : à quels groupes, clubs, associations, réseaux appartenez-vous ? Dans ces groupes, y en a t-il qui ont des magazines spécialisés ? Si oui cela veut dire qu’il y a un marché. Allez dans un kiosque à journaux et parcourez-les : les publicités qui se trouvent à l’intérieur vous donneront un bon aperçu des produits qui existent pour ce marché.

La deuxième étape est de trouver un produit : prenez deux marchés avec lesquels vous êtes familier, qui ont leurs propres magazines contenant de la publicité, et qui ont un tirage à 15 000 exemplaires minimum. Et brainstormez pour trouver une idée de produits pour ces deux marchés. Résumez en une phrase les bénéfices pour vos clients de votre produit, et mettez une fourchette de prix entre 50 et 200 €. Surtout mettez une fourchette de prix haute par rapport aux prix du marché, les prix bas attirent des clients qui demandent du temps et vous empêcheront d’automatiser pleinement votre business.

Faites en sorte que votre produit puisse être fabriqué et livré en moins de 4 semaines, et que ses principales caractéristiques puissent être expliquées dans une bonne FAQ (Foire Aux Questions). Evidemment, le top est de créer un produit entièrement numérique : dans ce cas vous n’avez pas à gérer du tout la fabrication, le stockage et la distribution ni même à l’externaliser. Vous pouvez aussi proposer sur votre site des produits d’autres fabriquant, et toucher une commission pour cela : cela s’appelle l’affiliation (allez voir du coté de Clickbank et 1TPE pour les produits numériques, et de Commission Junction pour les produits physiques).

Chapitre 10 – Vos revenus en pilote automatique II – Tester la muse

Moins de 5% des 195 000 livres publiés chaque année aux Etats-Unis se vend à plus de 5000 exemplaires… La loi de Pareto s’applique ici à son maximum. Et ses résultats sont atteints par des équipes d’éditeurs qui ont des décennies d’expérience.

La leçon à tirer de cela ? L’intuition et l’expérience font de très mauvaises boussoles lorsqu’il s’agit de savoir si un produit va fonctionner ou non. Il faut tester.

Et pour cela, rien de mieux que de placer les prospects en situation réelle en les amenant sur une page de vente les incitant à acheter votre produit, qui n’existe pas encore. Et cela en toute légalité. Voyons comment.

– Créez deux ou trois pages de vente dont vous comparerez automatiquement les performances de conversion grâce à Google Optimiseur de site.

– Les pages de vente décriront le produit et comporterons des boutons “Ajouter au panier” ou “Commander”. Quand le prospect cliquera sur ce bouton, il arrivera sur une page où il devra renseigner ses coordonnées, électroniques ou postales. Quand il validera le formulaire, il sera emmené sur une page disant “Désolé, le produit n’est plus disponible pour [raison X], vous serez prévenu dès qu’il sera à nouveau disponible”.

– Créez une campagne Google Adwords avec différentes annonces. Pour trouver des mots-clés utilisez le générateur de mots-clés Google.

– Comptez chaque coordonnées entrées par un client comme une commande. Prenez les résultats de votre meilleure page de vente et de votre meilleure annonce Adwords et extrapolez : est-ce que cela vaut le coup de créer le produit ? Typiquement le produit d’une muse doit rapporter entre 5 et 10 fois son coût de fabrication et de livraison.

Note : cette méthode est très simple et redoutablement efficace. Je l’ai testé sur une idée de produits à destination des créateurs d’entreprise (encore) mi-2009 et cela m’a permit de voir que ce ne serait pas rentable, pour un coût de l’ordre de 200 € : jamais une étude de marché n’a jamais été aussi simple et peu chère à réaliser. Vous pouvez également télécharger le PDF Musemath à partir du site de l’auteur, dans lequel Tim Ferris nous décrit quelle méthode il utilise pour estimer la taille d’un marché pour un produit. Utilisez simplement le générateur de mots-clés Google pour déterminer le trafic, car Overture n’existe plus.

Chapitre 11 : Vos revenus en pilote automatique III – Le MBA (Management By Absence)

Tim Ferris nous explique qu’en 2003, alors qu’il était interviewé pour un documentaire télé, lui et les journalistes étaient interrompus toutes les 30 secondes par des bips, pongs et autre drings provenant des emails qui arrivaient, des notifications de messagerie instantanée et des coups de téléphone.

Après cette expérience douloureuse, il se fixa comme objectif de revoir l’architecture de son activité entièrement, et six mois plus tard il était de nouveau interviewé. Et quelque chose avait changé : tout se faisait dans un silence total. Et pourtant Brainquicken n’a pas de salarié à part son créateur. Mais Brainquicken fait pourtant travailler de 200 à 300 personnes, en sous-traitance.

L’auteur fournit un schéma du fonctionnement de son entreprise dans le livre. Et apparaît-il dedans ? Absolument pas. Il est le fantôme dans la machine, et demande juste à ses prestataires de lui fournir des rapports logistiques, qu’il consulte tous les lundis, et des rapports détaillés, qu’il consulte tous les mois.

Comment appliquer cela ? Pour passer de l’artisanat à l’échelle industrielle, en concevant un système qui peut gérer de 10 à 10 000 produits vendus par semaine, il y a 3 phases :

– La phase 1 s’applique à vos 50 premiers produits vendus, et tant que vous vendez moins de 10 produits par semaine. Le concept est simple : faites-tout vous même. Mettez votre numéro de téléphone sur le site pour pouvoir répondre directement aux questions des prospects et clients : cela vous permettra d’identifier toutes les questions courantes et de les placer dans une FAQ sur votre site, qui servira non seulement à diminuer les appels, mais aussi comme base pour former les futurs employés de centre d’appels qui répondront au téléphone. Cela vous permettra également d’identifier des publicités trop vagues qui vous amèneraient une vague de prospects non qualifiés.

– La phase 2 s’applique à partir de 10 produits vendus par semaine. Ajoutez la FAQ que vous avez élaboré à l’étape 1 sur votre site, puis cherchez sur les Pages Jaunes ou sur Kompass des entreprises capables de prendre en charge les opérations administratives et logistiques de votre entreprise, dans la rubrique “services auxiliaires aux entreprises” sur Kompass et “entreprises de routage, de messagerie”, “logistique (services, conseils)” dans les Pages Jaunes. Choisissez des sociétés qui ne vous factureront pas de frais d’ouverture de compte et ne vous imposeront pas de minimums mensuels. Vous devez bien négocier, et faire en sorte de pouvoir payer à 30 jours net, peut-être après un mois de travail avec eux pour montrer que vous êtes quelqu’un de confiance. A ce niveau de volume, il n’est pas facile d’obtenir de bonnes conditions, et c’est pourquoi il est préférable de privilégier de petites structures qui ont besoin de faire rentrer des clients.

– La phase 3 s’applique à partir de 20 produits vendus par semaine. Vous devriez disposer de la trésorerie nécessaire pour payer les frais d’ouverture de compte et pour atteindre les quotas mensuels des meilleurs prestataires. Essayez de trouver un prestataire qui prend tout en charge, et trouvez un centre d’appels qui répondra aux appels clients. Testez ces derniers en trouvant des numéros en 0800 qu’ils gèrent pour tester leur accueil client et la pertinence de leurs réponses.

Au niveau des produits, Tim Ferris suit les conseils du génie du marketing Joe Sugarman, qui recommande de limiter au maximum le nombre de produits, leurs options et les possibilités de livraison et de paiement, car trop d’options créé de la confusion chez vos prospects, et peut constituer un frein à l’achat. De plus, cela s’inscrit dans la logique 20/80 et permet d’automatiser au maximum notre muse. Il recommande donc de n’offrir qu’une ou deux options d’achat, de ne proposer qu’une seule option de livraison, et surtout pas une offre de livraison expresse en 24H, qui a le don de générer des centaines d’appels de clients angoissés, d’éliminer totalement les commandes téléphoniques pour ne faire que des commandes en ligne (comme le fait Amazon) et de ne pas proposer de livraisons internationales vers des pays exigeants au niveau des documents de douane et dont les taxes pourraient engendrer des réclamations clients.

Une fois que vous avez atteint la phase 3, il est temps de trier : appliquez le principe 20/80 à vos clients, identifiez les catégories qui engendrent le plus de problèmes et rapportent le moins, et supprimez-les. Utilisez des techniques pour prévenir l’apparition de clients exigeants qui veulent tout pour rien : n’acceptez pas les paiements par chèque ou mandat, placez le prix de votre produit en haut du panier par rapport à son marché, ne donnez pas de produit gratuit pour attirer des prospects – c’est le meilleur moyen d’attirer des personnes qui veulent tout pour rien – mais faites plutôt un produit bon marché, et proposez une garantie totale satisfait ou remboursé de 30 ou 60 jours, comme Jay Abrahams le conseille dans Getting Everything You can Out of All You’ve Got. Tim Ferris est allé encore plus loin en proposant une garantie à 110% pour ses produits de compléments alimentaires. Cela peut doubler ou tripler vos ventes tout en augmentant les retours de seulement 2 à 3%.

Etape 4 : L pour Libération

Chapitre 12 : Disparaître – Comment s’échapper du bureau

Le plaisir de l’ultra-mobilité n’est pas réservé aux entrepreneurs : vous pouvez rester salarié et échapper quand même à l’obligation du 9H-17H et de la contrainte géographique. Le télétravail est en pleine explosion, et vous pouvez en profiter aussi.

Pour cela, vous pouvez soit trouver un emploi qui est dès le début en télétravail, en consultant par exemple le portail Télétravail, soit négocier avec votre patron pour que sur une partie ou la totalité de votre emploi du temps vous ne soyez plus obligé de vous pointer au bureau. Pour négocier dans les meilleures conditions, vous devez faire deux choses :

Montrer à quel point il est avantageux pour l’entreprise d’accepter le télétravail, notamment en en faisant plus que vos collègues pendant le temps imparti.

Faire en sorte qu’il soit plus profitable et avantageux pour l’entreprise d’accepter votre requête plutôt que de la refuser.

Le deuxième point est facile à mettre en place : demandez à suivre une formation intensive de deux à quatre semaines, qui coûtera cher à l’entreprise, mais dont vous montrerez qu’elle peut lui apporter énormément. Après que vous ayez suivi cette formation, il sera beaucoup plus difficile pour l’entreprise de vous laisser partir, étant donné l’investissement qu’elle aura réalisé pour vous.

Pour le premier point, il vaut mieux y aller doucement : plutôt que de déclarer abruptement votre souhait de passer au télétravail, faites-vous porter malade pendant deux ou trois jours. Et pendant ces quelques jours, travaillez de chez vous en utilisant la loi du 20/80, la loi de Parkinson et en évitant comme la peste les interruptions – ce qui est beaucoup plus facile chez soi qu’au bureau – pour augmenter de manière très importante votre productivité et pour en faire plus de chez vous que ce que vous auriez fait au bureau. En gros, doublez votre rendement et faites en sorte que votre chef le remarque. Si vous avez besoin d’avoir accès à votre ordinateur de bureau – si des logiciels spécifiques sont installés dessus par exemple, ou si vous devez avoir accès à des documents stockés sur le serveur sécurisé de l’entreprise – utilisez un logiciel comme Teamviewer ou Crossloop pour y accéder de votre ordinateur personnel.

Ensuite, préparez un bilan chiffré et argumenté de ces 2-3 jours de travail à domicile. Indiquez concrètement combien de travail vous avez abattu en plus par rapport à une journée de travail normal au bureau. Puis, allez voir votre supérieur. Dites-lui en substance que comme il le sait vous avez été malade, mais que vous avez décidé de prendre sur vous pour travailler de chez vous, et que vous avez été surpris de constater que vous étiez plus productif de chez vous – c’est là que vous sortez vos chiffres et arguments élaborés pendant le bilan. Puis dites-lui qu’à titre d’essai, vous aimeriez travailler le lundi et le mardi de chez vous, pendant 15 jours – ne demandez surtout pas la semaine complète au début. S’il refuse, demandez un jour. S’il refuse encore, mettez votre démission dans la balance – comme l’entreprise vient d’investir une forte quantité de temps et d’argent en vous, votre supérieur y réfléchira à deux fois avant de rester sur son refus.

Une fois que le test est accepté, continuez à utiliser toutes ces techniques de productivité pour faire plus de résultats. Puis négociez 4 jours de télétravail – vous viendrez au bureau le vendredi. Puis, dites que vous voulez allez voir votre famille à l’autre bout du pays, et demandez à ce que la totalité de votre travail soit en télétravail.

Quand vous serez arrivé à cela, vous serez libre d’aller où bon vous semble, et de travailler comme vous voulez, tant que les résultats seront là. Si vous vous heurtez à un refus insurmontable à une étape du processus, le prochain chapitre est là pour vous aider.

Chapitre 13 – Les causes perdues – Tuer votre job

Certains boulots sont des causes perdues. Les améliorer reviendrait à ajouter de jolis rideaux aux barreaux d’une cellule de prison. Et cela s’applique aussi bien aux emplois traditionnels qu’aux entreprises qui deviennent des prisons pour ceux qui les ont bâties.

Dans ces cas-là, la meilleure chose à faire est de vous faire virer, ou de démissionner. Cela peut-être dur à accepter, surtout si cela fait 10 ou 15 ans que vous supportez un travail qui ne vous convient pas, mais ce n’est pas parce que vous avez pris de mauvaises décisions il y a si longtemps que vous devez vous empêcher de prendre des bonnes décisions maintenant. Si vous ne le faites pas, vous en souffrirez encore dans 10 ou 15 ans.

Il y a un certain nombre de peurs qui pourraient vous empêcher de faire cela, notamment :

Si vous partez, c’est pour toujours. Vous y croyez vraiment ?

Comment faire pour payer les factures ? L’idéal est de trouver un nouveau job ou de créer une muse pendant votre temps libre, pour disposer d’une source de revenus immédiatement. Et vous pouvez aussi vivre de vos économies ou du chômage pendant un certain temps, en éliminant les dépenses superflues (vous pouvez lire pour vous y aider des articles comme Le guide du radin : 50 astuces pour vivre frugalement ou Comment j’économise de l’argent).

Mon CV en pâtira. Vraiment ? Si vous avez quitté un job pour faire un tour du monde, vous engager dans une cause humanitaire ou lancer une entreprise, croyez-vous que cela sera mal perçu ? A vous de vendre cela et de le montrer sous un jour positif.

Chapitre 14 : Les mini-retraites – Embrasser le style de vie nomade

Vous connaissez sans doute cette histoire célèbre, d’auteur inconnu, racontant un dialogue entre un pêcheur mexicain et un financier américain :

Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L’Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer :

 » Pas très longtemps « , répond le Mexicain.
 » Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus?  » demande l’Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’Américain demande alors :  » Mais que faites-vous le reste du temps?  »

 » Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie « .

L’Américain l’interrompt :  » J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires.  »

Le Mexicain demande alors :  » Combien de temps cela prendrait-il ?  »
 » 15 à 20 ans « , répond le banquier américain.
 » Et après?  »
 » Après, c’est là que ça devient intéressant « , répond l’Américain en riant.
 » Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions « .

 » Des millions? Mais après?  »
 » Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis.  »

Sur le même mode, Tim Ferris nous raconte la fois où il déjeunait avec un vieil ami. Il allait bientôt être diplômé d’une grande école de commerce et allait travailler dans une grande banque d’affaires, sans doute 80 heures par semaine. Au bout de 9 ans, il pouvait espérer devenir directeur adjoint et gagner entre 3 et 10 millions de dollars par an. Il aurait “réussi”.

– “Que feras-tu avec tout cet argent ?” lui demanda Tim Ferris
– “Je ferai un long voyage en Thaïlande”

Et ceci résume un cliché tenace : que les longs voyages sont l’apanage des millionnaires, du genre “quand j’aurai un million je le placerai à la banque et j’aurait 60 000 € d’intérêt par an qui me permettront de vivre tranquille dans les Caraïbes”. Rien n’est plus faux. La vie dans des pays en voie de développement comme la Chine, la Thaïlande, les Philippines, de nombreux pays de l’Amérique Latine ne coûte rien. Pour 150$ par exemple (environ 100 €), vous pouvez vous offrir un voyage en avion privé pendant 3 jours dans la région de Mendoza en Argentine, avec un survol des plus beaux vignobles du pays au pied des Andes enneigées, et avec un guide particulier. Que vous-êtes vous offert récemment pour 100 ou même 150 € ?

Début 2004, l’auteur était surmené et avait décidé de partir en voyage pendant un mois. Il choisi l’Espagne, puis décida que trois mois était ce qu’il lui fallait, et il en profita pour aller explorer ses racines ancestrales en Scandinavie. Et son voyage dura finalement 15 mois, et il se dit “pourquoi ne pas répartir les 20 ou 30 années de la retraite tout au long de ma vie ?”.

Quand vous vous serez débarrassé de l’obligation de travailler pour vivre, il vous faudra sans doute du temps pour vous libérer de la culture de la vitesse, de la productivité et du paraître dans laquelle vous avez baigné des années. L’un des risques est que vous vous embarquiez dans un “marathon de pays”, comme l’auteur l’a fait, en visitant 7 pays en 3 semaines au début de son voyage de 15 mois. Ce n’est pas une manière de vivre, et certainement pas celle des Nouveaux Riches. Prendre des mini-retraites se ressent et se vit à un rythme lent, apaisant, qui nous laisse la possibilité de changer. Cela prend du temps – au moins 2 à 3 mois selon l’auteur – avant de pouvoir se débarrasser de ses vieilles routines et prendre conscience de la futilité de certaines choses.

Economiquement, c’est le bonheur car il est possible de vivre très bien avec peu de dépenses dans de nombreux pays du monde. Le tout est de louer un appartement et de ne surtout pas aller à l’hôtel ou dans une auberge. Si vous n’avez pas trouvé un appartement avant de partir, ou tenez absolument à le visiter, inscrivez-vous sur The Couch Surfing Project, qui permet à ses membres d’être hébergé gratuitement presque partout dans le monde et vous permet de faire immédiatement la connaissance de personnes locales.

 

 

Carte des membres de The Couch Surfing Project. Comme vous le voyez il y a de quoi faire ! Avec cela et votre muse, le monde devient un village où vous êtes sûr d’être toujours bien accueilli partout où vous irez.

Tim Ferris recommande de voyager léger, avec un seul sac que vous gardez avec vous dans la cabine de l’avion, et que vous achetiez le reste sur place (voir l’article de l’auteur à ce sujet). Cela vous permet d’arriver au dernier moment à l’aéroport, et de partir immédiatement une fois que vous êtes arrivé, et vous évite de nombreux autres tracas, comme de devoir subir les assauts de porteurs dans certains pays, et de devoir les payer pour porter vos bagages.

Chapitre 15 : Combler le vide – Ajouter de la vie après avoir soustrait le travail

Quand Tim Ferris s’est retrouvé à la tête d’une entreprise qui lui rapportait 70 000$ par mois, alors qu’il avait juste besoin de vérifier ses emails tous les lundis matins pour la diriger, le bonheur et le paradis qu’il s’apprêtait à trouver en allant à Londres fut un peu différent de ce à quoi il s’attendait : il erra toute sa première journée, en se posant inlassablement la même question “Que vais-je faire ?”. Il y répondit en allant d’abord acheter un sandwich. Puis, comme il ne pouvait concevoir une journée sans liste de choses à faire pour être productif, il pris une feuille de papier et écrivit des trucs comme “penser à dîner”…

Voilà ce qui vous attendra certainement lorsque vous serez en possession d’une muse fraîchement automatisée et que vous aurez quitté votre ancien travail. Et cette période de transition, car c’en est une, est tout à fait normale. Vous pourrez la combler en vous amusant comme jamais, en enchaînant les safaris en Afrique ou les rencontres mystiques avec des brahmanes Hindous, puis un jour vous en aurez assez de photographier l’énième arrière-train rouge d’un babouin ou de parler du Vaishnava avec un nouvel enturbanné. Et vous pourrez ressentir un vide, notamment au niveau de votre vie sociale.

En effet, le bureau a ceci de positif qu’il permet de manière automatique d’interagir avec des humains, que ce soit autour des mauvais cafés de la machine ou pendant les quelques blagues qui égaient une réunion interminable. Et cela peut vous manquer ensuite, car lorsque vous vous libérez de cela, vous perdez cette appartenance à la tribu, et les voix dans votre tête résonnent plus fort.

C’est normal. La liberté, c’est comme un nouveau sport. Il faut un temps d’adaptation avant de pouvoir la goûter pleinement.

Si de grandes questions vous taraudent, comme “qu’est-ce que le sens de la vie ?” l’auteur vous demande de vous poser les deux questions suivantes :

Chaque terme de la question revêt-il pour moi une signification précise ?

Si je trouve une réponse à cette question, cela m’aidera t-il à agir ?

“Quel est le sens de la vie ?” ne peut-être répondu par la première question. Evacuez-la. Et si le fait de trouver une réponse à une question ne peut pas se traduire en actions concrètes, évacuez la question.

Comment combler le vide ? Il y a mille et une manières. La plus précieuse est peut-être de simplement apprendre à savourer le temps qui passe, en se désintoxiquant de notre culture de la vitesse et de la performance. L’auteur recommande que vous passiez pas une période où vous apprenez à ne rien faire, dans des centres bouddhistes, de méditation ou de yoga, pour vous désintoxiquer.

Note : Je vous recommande fortement si cette aventure vous tente de passer cette “cure” dans le monastère bouddhiste Le village des pruniers, dirigé par le célèbre Thich Nhat Hanh (cité dans ce chapitre de La semaine de 4 heures d’ailleurs) et situé à Thénac en Dordogne. Vous y apprendrez à vivre plus lentement, en savourant davantage chaque instant, en Pleine Conscience. C’est selon moi un lieu idéal pour servir de “zone tampon” entre votre ancienne vie et votre vie de Nouveau Riche (j’ai passé un week-end dans ce monastère en novembre 2009, mais je vous recommande d’y aller au moins une semaine, voire 15 jours minimum).

Ensuite, à vous de trouver votre voie. L’auteur l’a trouvé en apprenant sans cesse, en voyageant, en maîtrisant de nouveaux art et de nouveaux sports, et en apprenant de nouvelles langues. Apprendre une langue étrangère, nous dit-il, c’est comme avoir un nouvel oeil pour appréhender le monde. Et son temps libre lui permet de s’impliquer dans des actions humanitaires bénévoles.

Des milliers d’autres choses sont possibles. La course est longue, et à la fin, elle se passe juste avec vous-même.

 

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